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10.8.17

Assurément

 Assurément les poissons n’ont pas inventé l’eau
ni les oiseaux, l’air. Les hommes ont bâti des maisons
en partie pour la gêne que leur donnent les étoiles,
et élevé leurs enfants sur des insignifiances,
puisqu’ils ont massacré tout dieu au fond d’eux-mêmes.
L’homme politique sur les marches de l’église croît
dans la grandeur même de cette stupidité,
lampe grillée qui jamais n’imagina soleil.

Jim Harrison, After Ikkyu and Other Poems, 1996  

3.7.17

Aujourd'hui

Aujourd'hui je suis vaincu comme si je savais la vérité.
Aujourd'hui je suis lucide comme si j’allais mourir
Et n’avais d’autre intimité avec les choses
Que celle d’un adieu, cette maison et ce côté de la rue devenant
Un convoi de chemin de fer, un coup de sifflet
A l’intérieur de ma tête,
Une secousse de mes nerfs, un grincement de mes os à l’instant du départ.

Fernando Pessoa, Lisbonne, le 15 janvier 1928  

11.6.17

Chanson du dimanche

Inutile de choisir un autre chemin,
de décider entre cette parole blessée et un bâillement
de franchir la porte par où te perdre
ou de ne faire que passer comme n’importe quel oubli.
Inutile d’arroser des racines
qu’elles soient chimères, arbres ou cicatrices,
de changer de rôle et de scène,
d’être corde, arc, pute ou ombre,
de nommer et ne pas nommer, se décider pour les étoiles.
Inutile de se dépêcher et de pressentir
car il n’y a pas assez de temps pour voir
ou s’attarder une vie entière
à connaître dans le miroir ton visage.
Les iris, le ciment, ce bleu obscur des yeux,
les nuages qui passent, l’odeur d’un corps,
la chaise qui reçoit la lumière oblique du soir,
l’air que tu bois, tout rire, tout dimanche
tout te mène indifférent et fatal vers ta mort.

María Mercedes Carranza   

16.5.17

Habile

 Franchement je peux dire que j’en ai de l’habileté pour ne pas travailler, mais pas toute celle qu’il me faudrait !
Gabriel Ferrater, Poème inachevé

7.3.17

Cabina telephónica

El exilio es tener un franco en el bolsillo
y que el teléfono se trague la moneda
y no la suelte
– ni moneda, ni llamada –
en el exacto momento en que nos damos cuenta
de que la cabina no funciona.
Cristina Peri Rossi, 1975   

1.3.17

Choose life

 Choose life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, Choose washing machines, cars, compact disc players, and electrical tin can openers. Choose good health, low cholesterol and dental insurance. Choose fixed-interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisure wear and matching luggage. Choose a three piece suite on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who the fuck you are on a Sunday morning. Choose sitting on that couch watching mind-numbing spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pishing your last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked-up brats you have spawned to replace yourself. Choose your future. Choose life... But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life: I chose something else. And the reasons? There are no reasons. Who needs reasons when you've got heroin?
Renton | Irvine Welsh, Trainspotting

27.2.17

Apostat

Je quitte, apostat des amours,
La soulde, le camp et les armes.
Pierre de Ronsard       

26.2.17

Parfumé

Estre du parfum je voudrois,
Afin que je te parfumasse.
Pierre de Ronsard